Double culture au travail : les codes que personne n'explique
Prendre la parole, demander de l'aide, contredire sa hiérarchie : ces codes que personne n'explique, ce qu'ils font vivre aux salariés entre deux cultures, et ce qu'ils changent pour un manager.
Au travail, certains codes ne sont jamais expliqués : comment prendre la parole en réunion, demander de l'aide, dire non à sa hiérarchie, valoriser son travail. Quand on a grandi entre deux cultures, ces règles implicites peuvent contredire celles que l'on a apprises ailleurs. On se sent alors en décalage sans toujours savoir pourquoi. Pourtant, la double culture est une richesse, pour la personne comme pour l'équipe.
Des règles invisibles qui se contredisent
Chaque culture a ses règles, souvent implicites : comment on s'adresse à un supérieur, comment on exprime un désaccord, ce qu'est une « bonne » réussite, ce que l'on doit au groupe. Quand on vit entre deux cultures, ces règles se croisent. Ce qui est du respect d'un côté peut être perçu comme de la passivité de l'autre. Ce qui est de l'affirmation d'un côté peut être vécu comme un manque d'égards de l'autre.
Ce que vivent les salariés entre deux cultures
Dans une équipe, la double culture se voit dans des détails du quotidien :
- Prendre la parole. Attendre qu'on vous la donne, ou la prendre soi-même ? Selon les codes appris, l'un ou l'autre semble naturel.
- Demander de l'aide. Pour certains, c'est normal. Pour d'autres, c'est reconnaître une faiblesse ou déranger.
- Dire non à sa hiérarchie. Contredire un responsable peut sembler impensable, même quand on a un avis utile à donner.
- Valoriser son travail. Mettre en avant ses résultats peut être attendu d'un côté et perçu comme de la vantardise de l'autre.
Le décalage n'est pas un manque de compétence. Il vient souvent de règles différentes que personne n'a rendues explicites.
Ce que cela change pour un manager d'équipe aux profils variés
Pour un manager, comprendre ces codes change la façon de travailler avec une équipe aux profils variés. Un silence en réunion n'est pas forcément un désintérêt. Une absence de question n'est pas forcément une compréhension. Rendre les attentes explicites, varier les façons de recueillir les avis et vérifier ce que chacun comprend par « autonomie » ou « initiative » aide chacun à trouver sa place, et l'équipe à tirer parti de sa diversité.
Trois pistes pour trouver sa place
- Mettre des mots sur les règles. Identifier ce que chaque culture attend de vous permet de voir où se situe vraiment le décalage.
- Sortir du « soit l'un, soit l'autre ». Vous n'avez pas à choisir un camp. Vous pouvez composer votre propre façon de faire, avec ce qui compte pour vous de chaque côté.
- Reconnaître ce que la double culture vous apprend. Passer d'un monde à l'autre développe l'écoute, l'adaptation et la capacité à comprendre des points de vue différents. Ce sont des forces au travail.
En dehors du travail aussi, la double culture peut créer des tensions, notamment au moment des grands choix de vie. J'en parle dans Naviguer entre deux cultures.
Un regard formé à l'interculturalité
Issue de plusieurs cultures, j'ai longtemps appris à naviguer entre plusieurs mondes et à y trouver ma place. Coach professionnelle certifiée niveau 6 et formatrice en management, j'interviens aussi à l'ICP sur le module « Les enjeux de l'interculturalité ». Découvrir mon parcours.
Selon votre situation
- Vous êtes salarié·e et vous vous sentez en décalage : le coaching professionnel.
- Vous managez une équipe ou vous représentez une structure : la formation au management interculturel.
- La question se joue surtout dans votre vie personnelle : Naviguer entre deux cultures et le coaching personnel.
Si la difficulté porte surtout sur le fait de dire non, lisez aussi Poser ses limites sans culpabiliser.
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Kadiatou Kébé, coach professionnelle certifiée niveau 6, formatrice en management.






